D’aussi loin que je me souvienne, mon souhait premier était de soigner les chevaux. Née dans une famille cavalière, j’y voyais une manière de leur rendre tout ce qu’ils m’ont donné. L’ostéopathie s’est imposé à moi naturellement et ce fut un apprentissage de la vie bien au-delà d’apprendre à soutenir le vivant. Les matières telles que la myologie (étude du système musculaire) et la biomécanique m’ont tout de suite passionnées. Je me suis également beaucoup intéressée à l’étude de l’impact des différentes pratiques équestres et des différentes disciplines sur la santé et le bien-être des chevaux. Les chevaux vivent avant tout pour eux et par eux-mêmes, et nous, cavaliers, leur rajoutons la charge de nous porter. À nous de faire en sorte que ça leur soi profitable !
Alors que je poursuivais mes études d’ostéopathe animalière, les nombreux échanges avec ma sœur, BPJEPS, ainsi que mes propres expériences équestres continuaient de nourrir ma curiosité et de faire grandir ma compréhension de ce merveilleux animal. Ce faisant, j’en arrivais à une conclusion simple et rationnelle :
« Un ostéopathe qui fait du bon travail, c’est super, mais un ostéopathe qui sait également comprendre et conseiller le propriétaire, c’est nettement mieux. S’il n’est pas lui-même cavalier de bon niveau et homme de cheval, il sera incapable d’avoir une vision globale du cheval dans son quotidien et sous la selle, et ne pourra pas avoir le discours adapté ni même comprendre les enjeux autour de l’animal ».
Lors de mes débuts en tant qu’ostéopathe animalière, je réalise à quel point le mode de vie du cheval et son utilisation par l’humain sont des facteurs déterminants dans la manière dont il va se sentir dans son corps. Espérer ramener un équilibre dans son corps est illusoire tant que les problématiques dans sa gestion n’ont pas été traitées. Je me sens soudainement impuissante : voilà que quelques années après avoir débuté ce merveilleux travail, je réalise que le maréchal, le nutritionniste, le dentiste, le gérant d’écurie, le cavalier, sont autant d’acteurs qui ont au combien plus d’impact que moi. Tant que ces différents acteurs n’ajustent pas les paramètres au mieux pour l’animal, la portée de mon action sera très éphémère.
Parallèlement, je m’intéresse à ma propre santé, me passionne pour le sport et plus largement par le mouvement, ainsi qu’à la nutrition. J’applique à moi-même les principes, universels, que l’on m’a enseigné pendant mes études. Yoga et fitness font parti de mon quotidien dès ma vingtaine et prennent de plus en plus de place dans ma vie. J’entrevoie alors la possibilité de concilier mes différents centres d’intérêts et d’agir sur la santé du cheval afin de tenir l’ostéopathe à l’écart (curieuse réflexion pour une ostéo en exercice) : proposer aux cavaliers une méthode de renforcement musculaire qui leur permettra d’améliorer leur monte (et ses conséquences sur l’animal).
L’idée fait son chemin et je saute le pas pour rentrer en formation BPJEPS activité physique pour tous (2018-2020). Suite à cela, je me laisse le temps d’être mon propre cobaye et d’expérimenter ce que je veux apporter aux autres. Je multiplie les cours et les stages de conscience corporelle, me forme ensuite à la méthode Pilates (2022-2023) puis au Yoga (2025). Je comprends à quel point le cavalier à avant tout besoin d’apprendre à gagner en ressenti corporel, en mobilité et en stabilité pour être liant, fluide et avoir l’indépendance de ses aides. Il n’y a que comme ça qu’il pourra gagner en disponibilité pour recevoir les informations qui lui arrivent de sa monture, pour faire les ajustements nécessaires. Exit le fitness et autres séances de renfo/cardio random :
« Il faut trouver le bon équilibre entre conscience corporelle, équilibre, flexibilité, stabilité, coordination. Il faut des exercices ciblés qui permettront aux cavaliers d’avoir des sensations transposables de leur tapis de sport au dos de leur monture. Une alliance qui leur permettra d’avoir une succession de petits déclics, de Eurêka corporels ! »
Après avoir muri ce projet depuis maintenant 8 ans, il est plus que temps que je vous le partage, en espérant que vous en retirerez tous les bienfaits que j’ai pu moi aussi expérimenter. Alors,
« À vos tapis ! »
Anecdote de vie :
- Au milieu de ce parcours pour le moins dense (32 ans à l’heure où j’écris), j’ai eu à cœur de déblayer d’autres aspects cités précédemment qui impactent la santé du cheval, j’ai donc passé un diplôme de maréchalerie et exercé en tant que podologue.
- J’ai également eu la chance de vivre le quotidien d’une écurie en passant la majeure partie de mon temps libre dans l’écurie que ma sœur à gérer pendant ces 6 dernières années. Les cavaliers que j’ai rencontrés là-bas m’ont donné la chance de pouvoir testé toutes les nouveautés que je découvrais sur eux ou leur monture, tant en ostéopathie, en maréchalerie, ou en sport. Ils ont assurément été une source d’inspiration au cours de leur chemin de progression, qu’ils soient débutants ou confirmés.
- Les choix équestres de ma sœur m’ont beaucoup marqué, tant elle a su s’orienter vers des méthodes qui faisait sens à la cavalière-ostéo que je suis. Les stages qu’elle a pu effectuer avec Monsieur Philippe Karl, au sein de l’École De Légèreté, ainsi que son attrait pour l’éthologie, notamment l’approche d’Andy Booth, ont porté ma progression avec mes chevaux. Aujourd’hui plus que jamais, la qualité de la relation et l’intégrité physique de mes équidés passeront avant la performance, bien que l’on puisse dans un équilibre sensible, conjuguer ses trois aspects.
– « Wahou le pavé ! Vas-y résume stp »
– « bon c’est assez réducteur, mais ok »
• Petite fille cavalière (contente de l’être 😊 ) dans une famille de cavaliers avec une maman ATE
Premier poney à 6 ans
• équitation d’extérieur au début, puis concours surtout à partir de l’adolescence on monte des gros poneys et des chevaux de sport fraichement débourrés (et toujours rien de cassé !)
• Étude d’ostéo animalière. Je continue de monter à côté dans des écuries qui manquent de cavaliers ou pour des particuliers qui manquent de temps.
• Je fais des stages incroyables pour mes études, pour des cavaliers de saut et de dressage qui sortent en internationaux. J’ai les yeux qui brillent et je vois aussi les lacunes du milieu.
• Du sport du yoga puis du fitness, puis un BPJEPS APT, puis des cours et stages de consciences corporelles/mouvement, puis une formation de Pilates, puis une formation de Yoga (et NON, je ne m’arrêterais jamais de me former, c’est plus fort que moi).
• Des séances d’ostéo… du gros poney au cheval de sport. Pas de discrimination ici !
• J’aide ma sœur monitrice à son écurie et je continue d’apprendre à ses côtés, je suis là pour le pire et le meilleur, des petits succès équestres aux coliques et piro bien pénibles.
• On parle équitation, éducation, biomécanique, éthologie, etc pendant des heures. Comment on apprend la jambette à Bubulle ? On met où le poids du corps pendant le renvers ? Des questions existentielles quoi.
• Au milieu de tout ça je me forme pour faire la pédicure de nos amis poilus (= maréchalerie). Rentrer le soir en sentant la corne et la sueur, c’est un mode de vie B).
• Bon, 8 ans après avoir envisagé de faire faire du sport et de la mobilité aux cavaliers et quelques centaines d’heures de formation plus tard, il est peut-être temps de s’y mettre non ? Allez Josette (ou José, pas de sexisme ici 😉 ) prends ton tapis et ta bouteille d’eau, et let’s go !