Un cheval n’est pas né pour porter, ni même pour tourner sur une piste relativement étroite (en comparaison des kilomètres de plaine qu’il est programmé à parcourir depuis des millénaires). L’humain, lui non plus, n’est pas né pour être cavalier. Approfondir ses connaissances en biomécanique, c’est comprendre les adaptations qui vont permettre au cheval et au cavalier de pouvoir fonctionner comme un ensemble.
À tous les étages du milieu équestre, de fortes croyances, bonnes ou mauvaises, persistent sur la manière dont on devrait monter un cheval pour le muscler ou l’amener au niveau attendu. Mais ces croyances ne sont pas toujours fondées sur une connaissance approfondie, plus souvent sur des « on a toujours fait comme ça » ou sur des effets de mode. Il ne s’agit pas ici d’imposer une manière de monter un cheval, mais plutôt de comprendre quels seront les effets à cours et long terme des différentes pratiques équestres et méthodes de monte.
Par ailleurs, l’étude du jeu des chaines musculaires et de la biomécanique du cheval donnera un regard plus fin sur les attentes que l’on peut avoir en fonction de la morphologie de notre équidé, et des exercices qui lui seront le plus profitables. Il en va de même pour le cavalier : nos proportions (la longueur de nos segments), corrélés à notre mobilité, ne nous place pas sur un pied d’égalité concernant notre aisance à cheval. La capacité à descendre la jambe en dressage, à ouvrir les épaules, à garder un buste vertical en équilibre… ne tient pas du hasard mais de nos prédispositions. De la même manière que certains chevaux auront plus de facilité à reporter le poids sur l’arrière main, à avoir une bonne propulsion ou à se mobiliser latéralement. Tout se travaille, mais encore faut-il connaître notre point de départ.
« Cheval comme cavalier, nous avons tous des prédispositions différentes. Connaître nos forces et nos faiblesses nous permet de déterminer quelles seront les prochaines étapes. Sans un minimum de connaissances et de compréhension sur la biomécanique, la locomotion, la morphologie, cela revient à déterminer les étapes à venir à l’aveugle ».
Un mécanicien a besoin de connaitre les fondements du fonctionnement d’une voiture pour pouvoir être bon dans son travail. Dans cette même idée, un cavalier professionnel, ou un moniteur doit connaître ses outils : le corps du cavalier et celui du cheval. Il doit savoir quels sont les leviers dont il peut se servir pour amener le cheval dans l’attitude recherchée, pourquoi il le fait, et ce que ça engendre sur le plan biomécanique et musculaire. De même, il doit chercher la meilleure manière de se positionner et d’employer ses aides. Ainsi la biomécanique du cavalier et celle du cheval ne peuvent être dissocier : le placement du cavalier influencera celui du cheval, et plus l’équilibre du cavalier sera stable, plus il aura de la liberté dans l’emploi de ses aides.
Améliorer notre connexion à l’animal ne tient qu’à nous. En tant que cavalier, vouloir nous considérer à travers notre couple cheval-cavalier comme un ensemble n’a de sens que lorsque nous avons une vision claire de ce que l’on souhaite obtenir, et que nous imprimons ces sensations dans notre corps au préalable. C’est l’idée même de l’isopraxie, le principe de « l’action miroir ».
« Ce principe va au-delà de « pense et il fera » ; cela devient plutôt « ressens, organise ton propre corps dans l’idée de, et il fera ». »
Nous abordons ici les prémices d’une équitation fine et légère ou le cheval devient un expert dans sa capacité à décoder les demandes claires et précises du cavalier. C’est un ainsi que nous évoluerons vers une équitation ou le plaisir est partagé, ou l’effort prend du sens pour l’équidé, ou le mouvement est récompensant en lui-même.
Améliorer vos connaissances pour pouvoir amener plus de justesse dans votre équitation, ou celle de vos élèves vous intéresse ?
Bouton : J’interviens dans votre écurie